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Statistiques cantonales

Les 21 domaines : 01. Population

Evolution future de la population

Méthodologie

Projections démographiques
Définition

Les projections de population ne sont pas des prévisions, mais des évolutions futures possibles, voire théoriques, qui ne se réaliseront que si les comportements démographiques des années à venir correspondent aux hypothèses retenues. Ces hypothèses portent sur la mortalité, la fécondité et les mouvements migratoires. Dans les faits, ce sont les hypothèses sur les migrations qui ont le plus d'influence sur les résultats.

Les projections de population sont directement utilisées pour les calculs liés à l'évolution de la structure par âge de la population, en particulier ceux de la planification scolaire et de la planification hospitalière. Les projections de ménages, de logements et de population active sont fondées sur les projections de population. Elles résultent d'hypothèses complémentaires sur les évolutions futures de la structure des ménages, des taux d'occupation des logements et des taux d'activité.

La validité des hypothèses relatives aux migrations est liée à la situation caractéristique du canton de Genève, bassin d'emploi principal de la région qui l'entoure (France voisine et ouest vaudois), et, entre autres, aux deux phénomènes suivants :

  • la croissance économique : dans le contexte de la concurrence entre les régions, comment l'économie genevoise et, en particulier, ce bassin d'emploi, vont-ils évoluer ?
  • l'aménagement du territoire et, en particulier, la question de l'étalement de l'habitat principal : comment la population de la région va-t-elle ou pourra-t-elle se répartir sur l'ensemble du territoire ? La progression du nombre de ménages va-t-elle croître à des rythmes différents ou différenciés (selon le type de ménage) dans le canton et en dehors de celui-ci ?

Sachant que, par définition, à un ménage correspond un logement, défini comme le logement principal, la politique d'aménagement du territoire a un pouvoir de régulation ; elle peut limiter ou au contraire favoriser le potentiel de croissance de la population mis en évidence par les projections de population pour le canton.

Les modèles
Le modèle de projections de la population résidante de 2016 - 2040

Les projections de population pour le canton de Genève de 2016 à 2040 ont été réalisées par l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT) en collaboration avec Statistique Vaud (STATVD), qui a effectué le calcul des projections et réglé les questions de nature technique, notamment en adaptant son modèle au contexte genevois. L'OCSTAT a, quant à lui, élaboré les scénarios et hypothèses (voir ci-dessous : scénarios démographiques), en consultant les services intéressés de l'administration cantonale genevoise, et il assure la diffusion des résultats. La mise à jour des projections à intervalles plus ou moins réguliers est nécessaire, car elle permet de revoir les hypothèses qui les sous-tendent et de tenir compte de la population la plus récente (ici celle au 31 décembre 2015) et de son évolution.

Le modèle de projections de la population résidante de 2010 - 2040

Les projections de population pour le canton de Genève de 2010 à 2040 ont été réalisées par l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT) en collaboration avec le Service cantonal de recherche et d'information statistiques (SCRIS), du canton de Vaud, qui a effectué le calcul des projections et réglé les questions de nature technique, notamment en adaptant le modèle au contexte genevois. L'OCSTAT a, quant à lui, élaboré les scénarios et hypothèses (voir ci-dessous : scénarios démographiques), en consultant les services intéressés de l'administration cantonale genevoise, et il assure la diffusion des résultats. La mise à jour des projections à intervalles plus ou moins réguliers est nécessaire, car elle permet de revoir les hypothèses qui les sous-tendent et de tenir compte de la population la plus récente (ici celle au 31 décembre 2010) et de son évolution.

Le modèle de projections des ménages de 2004 à 2030

La croissance démographique ne se répartit pas proportionnellement dans les différentes catégories de ménage. Tenant compte des projections de la population résidante selon le sexe et l'âge de 2004 à 2030, le modèle développé par le SCRIS s'appuie sur l'évolution de la structure des ménages de 1980 à 2000, telle que la montrent les résultats des recensements fédéraux de la population de 1980, 1990 et 2000. Les hypothèses prennent en compte, entre autres, les phénomènes de décohabitation (désir de constituer de nouveaux ménages pour les jeunes, divorces, vieillissement de la population).

Les projections ont été élaborées en utilisant 24 catégories de ménage, qui résultent de la combinaison de trois critères et qui permettent de les situer dans leur cycle de vie :

  • l'âge de la personne de référence (le plus souvent, il s'agit de l'actif principal), selon qu'il ait moins de 45 ans, de 45 à 64 ans, de 65 à 79 ans, 80 ans ou plus;
  • la présence ou l'absence d'un conjoint pour la personne de référence;
  • la présence ou l'absence d'enfant(s) célibataire(s) vivant dans le ménage, selon les trois situations suivantes: au moins un enfant de moins de 7 ans, le cadet a entre 7 et 15 ans révolus, tous les enfants ont 16 ans ou plus.

Les résultats publiés sont regroupés en 5 catégories de ménage : les personnes seules, les couples sans enfant, les couples avec enfant(s), les familles monoparentales, les autres ménages (ces derniers rassemblent les personnes non apparentées, c'est-à-dire sans lien de parenté direct ascendant ou descendant; par exemple, frères et sœurs, grands-parents et petits-enfants, amis).

Le modèle de projections des besoins en logements principaux de 2004 à 2030

Pour passer des projections de ménages à celles des logements, le modèle s'appuie sur la structure d'occupation des logements principaux telle qu'elle ressort des résultats des recensements fédéraux de la population. La méthode prend en compte le ménage dans son cycle de vie, en répartissant les logements principaux selon leur taille (ici, selon le nombre de pièces) et selon les caractéristiques propres à chaque ménage, soit l'âge et le statut matrimonial de la personne de référence.

Aussi la plupart des jeunes ménages auront-ils tendance à occuper des logements de plus en plus spacieux au cours du temps (l'âge des enfants prime sur l'âge de la personne de référence), puis, lorsque les enfants quitteront le domicile parental, à rester dans le même logement, même si celui-ci est grand. De plus, pour des motifs souvent financiers, les personnes âgées tendront à rester dans l'appartement qu'elles occupent (car leur logement propose un loyer plus bas que celui qu'elles auraient en déménageant).

Ces phénomènes, ainsi que l'aspiration à vouloir disposer d'un espace plus grand, concourent à l'accroissement de la taille moyenne des logements. Pour en mesurer les effets, les projections de logements ont été calculées à partir des trois hypothèses suivantes :

  • en figeant la structure d'occupation des logements telle qu'elle était en 2000 pour l'appliquer aux projections de ménages (taux bloqués);
  • en extrapolant, tout en l'atténuant, la tendance à occuper des logements plus grands observée au cours des années quatre-vingt et nonante; en effet, il est réaliste de penser que la structure d'occupation va continuer à évoluer dans le sens observé, mais il n'est par contre pas certain que cette croissance se poursuive au même rythme (extrapolation atténuée);
  • en prolongeant la tendance à occuper des logements de plus en plus grands observée principalement au cours des années nonante (extrapolation forte).
Le modèle de projections de la population active de 2004 à 2030

La méthode retenue pour les projections utilise directement les projections de ménages. Elle s'appuie sur l'observation des taux d'activité (à plein temps ou à temps partiel) par catégorie de ménage et par type de personne. A l'instar du modèle de projections de logements, le modèle retient moins les « effets d'âge » que les effets de « cycle de vie ». Par exemple, le fait que l'entrée dans la vie active se fait de plus en plus tard est pris en compte comme un effet de situation (décohabitation tardive) plutôt que comme un simple effet d'âge (tant que l'on reste chez ses parents, le taux d'activité est plutôt faible). De même, le modèle considère que le taux d'activité des femmes dépend moins de leur âge que de la présence ou non d'enfant(s) de moins de six ans.

Le modèle complet applique ces taux d'activité spécifiques à 24 catégories de ménage et 4 types de personne, pour une année donnée. Afin que l'extrapolation de ces taux reste prudente et n'accorde pas un poids exclusif aux évolutions récentes, elle résulte d'un compromis entre les tendances observées entre 1980 et 2000 (pour un tiers) et celles observées entre 1990 et 2000 (pour deux tiers). Cette extrapolation est désignée par l'expression « extrapolation atténuée ».

Scénarios démographiques retenus dans le modèle de projections de la population résidante de 2016 - 2040
Hypothèses et scénarios retenus

L'élaboration de projections démographiques nécessite la formulation d'hypothèses sur l'évolution future de la fécondité, de la mortalité et des mouvements migratoires. On appelle scénario démographique un ensemble d'hypothèses relatives à ces composantes.

Les projections de la population résidante de 2016 à 2040 pour le canton de Genève font partie des projections élargies à l’Espace transfrontalier genevois – composé du canton de Genève, du district de Nyon et de la zone d’emploi du Genevois français – dont les résultats sont diffusés par l’Observatoire statistique transfrontalier. Les hypothèses mobilisées prennent en compte les interrelations entre le centre de l’agglomération genevoise (le canton de Genève) et les régions périphériques (le district de Nyon et la zone d’emploi du Genevois français).

Pour ces projections, quatre scénarios ont été retenus. Les trois premiers scénarios cantonaux font partie des scénarios formulés pour l’Espace transfrontalier genevois et illustrent des évolutions futures possibles. Ils peuvent être considérés comme vraisemblables dans le sens qu’ils sont basés sur des hypothèses migratoires réalistes et qu’aucun d’entre eux ne cumule des hypothèses défavorables ou, au contraire, favorables à la croissance démographique. Le quatrième scénario, en revanche, est irréaliste. Son but est d’illustrer l’effet des flux migratoires sur l’évolution de la population genevoise en considérant un solde migratoire nul sur la totalité de la période de projection. Ce scénario-là peut être compris comme un exercice d’aide à la connaissance.

Les hypothèses de fécondité et de mortalité sont identiques pour l’ensemble des scénarios :

  • Fécondité
    L'indicateur conjoncturel de fécondité progresse légèrement, passant de 1,46 enfant par femme en 2014 à 1,54 en 2030, et se stabilise à ce niveau jusqu'en 2040. Cette hausse est accompagnée d’une légère augmentation de l’âge moyen à la maternité (2014 : 32,4 ans; 2030 à 2040 : 33,2 ans).
  • Mortalité
    Entre 2015 et 2040, la mortalité par âge et par sexe continue d'évoluer favorablement, à un rythme cependant plus lent que par le passé. L'écart de mortalité entre hommes et femmes s’amenuise légèrement. Il est ainsi supposé que l'espérance de vie à la naissance (E0) augmente de 80,6 ans en 2010 à 86,0 ans pour les hommes (+ 5,4 ans), tandis que E0 progresse de 85,4 ans à 89,7 ans pour les femmes (+ 4,3 ans).
Par conséquent, les quatre scénarios retenus ne se distinguent que par le choix des hypothèses formulées pour le niveau des migrations.
  • scénario I;
  • scénario II;
  • scénario III;
  • scénario IV « Portes fermées ».
Scénario I

Le scénario I s’inscrit dans un contexte de croissance économique dynamique de l’Espace transfrontalier genevois. Dans ce premier scénario cantonal, on anticipe une relative concentration du surplus migratoire de l’Espace transfrontalier dans le canton de Genève. Le solde migratoire annuel atteint + 3 050 personnes. Si ce solde est de 10 % inférieur à la moyenne des quinze dernières années, l’accroissement du parc de logements qu’il implique est néanmoins significatif. D’un point de vue actuel, ce scénario peut être considéré comme un scénario-limite, car, en postulant un solde migratoire supérieur sur la durée, on entrerait en contradiction avec les contraintes en matière d’aménagement imposées aujourd’hui par le cadre légal et réglementaire. Cela étant, ce cadre n’est pas immuable et certaines de ces contraintes pourraient être assouplies à terme.

Scénario II

Le scénario II correspond à deux situations opposées pour l’Espace transfrontalier genevois : d’une part, le scénario haut de l’Espace (croissance économique dynamique), pour lequel, contrairement au scénario I, on anticipe une relative diffusion de l’apport migratoire de l’Espace transfrontalier dans ses trois régions ; d’autre part, le scénario bas (croissance économique faible), où l’on pose l’hypothèse d’une relative concentration du solde migratoire dans le canton de Genève. Dans ce scénario, le canton de Genève parvient à accélérer le mouvement de la construction de logements et peut absorber un excédent migratoire annuel de 2 300 personnes. Même si ce solde migratoire est clairement inférieur à celui postulé dans le scénario I, il s’agit tout de même d’un scénario dynamique. Ainsi, l’apport migratoire dépasse de 37 % la migration nette de la période 1980-1999 et l’agrandissement du parc des logements s’accélère significativement.

Scénario III

Le scénario III s’inscrit dans un contexte de croissance économique faible de l’Espace transfrontalier genevois. Le scénario cantonal prévoit une relative diffusion du solde migratoire global dans les trois régions de l’Espace. Le solde migratoire du canton se limite à + 1 600 personnes par an en moyenne. Ce scénario anticipe une évolution comparable à celle observée dans les années 1980 et 1990, quand l’apport migratoire se situait en moyenne à + 1 700 personnes.

Scénario IV « Portes fermées »

Le scénario IV décrit l’évolution qui se produirait en l’absence de migrations au cours de la période 2016-2040. Dans ce scénario « portes fermées », la dynamique de la population genevoise est entièrement déterminée par la fécondité et la mortalité. Il s’agit là d’un scénario jugé irréaliste, dont l’objectif consiste à isoler l’effet des migrations.